Conte pour enfants sages...
Un beau jour, pendant que Noël se préparait au pays des enfants chantilly, naquit un tout petit garçon au pays des enfants chocolat. Mais hélas les fées de service n'étaient pas à l'heure au-dessus du berceau pour prononcer les vœux d'usage... Et donc ce petit garçon à qui l'avenir devait être promis, prit subitement une couleur violette qui ne devait plus le quitter jusqu'à... sa fin proche ! Car chez un petit enfant chantilly ou chocolat, la couleur violette est mauvais présage.... Une bonne fée en blouse blanche qui passait par là - on devrait dire par miracle tant on sait que les fées en blouse blanche sont peu nombreuses au pays des enfants chocolat - une bonne fée donc, entreprit de rendre sa couleur chocolat au bébé : pour cela, elle dut pratiquer un rite bien connu des blouses blanches, dit rite de Rashkind. Ce rite, pratiquant un trou dans le cœur bouché du bébé, lui permit de retrouver pour quelques jours sa couleur gourmandise. Mais hélas, le rite n'est pas bien solide : les fées du pays chocolat n'ont pas grand pouvoir. Pour éviter définitivement la couleur violette, il aurait fallu recourir à un grand sorcier gentil, loin, au pays chantilly. Et les parents du bébé ne pouvaient pas quitter leur pays chocolat. Le bébé était donc en grand danger... La maman, désespérée par la menace d'un si vilain sort pour son petit, sortit de sa maison et cria, cria au monde qu'on l'aide, qu'on aide la fée blanche... A ses cris, instantanément, le monde s'arrêta de tourner. Tous ceux qui ont assisté à la scène vous le diront : plus rien ne bougeait, plus rien ne comptait que ce petit chocolat et cette maman qui pleurait... Et c'est alors que le miracle se produisit : de tous côtés, des hommes sortirent de la foule, la main levée : moi, moi, je peux ! Moi je connais la route, moi je connais le rite, moi je connais l'amour, moi, moi... Un pont humain se construisit, vite, vite, dans l'urgence absolue : un pont par-dessus les pays, par-dessus les continents, par-dessus les lois et les règlements... Un pont fait de bras et d'amour. Et de mains en mains, le petit Birame fut porté, porté.... porté physiquement et moralement, par l'amour extraordinaire qu'il reçut...
Aujourd'hui, la maman du petit chocolat est apaisée : Birame est près du grand sorcier... Certes il est toujours menacé de violet, mais il a tellement reçu d'amour qu'il sourit à la vie et que sa maman s'est remise à espérer....
Que sera la fin de l'histoire ? Vivra-t-il heureux et aura-t-il beaucoup d'enfants ? Personne ne le sait aujourd'hui. Mais à ce jour, ce petit garçon promis à une mort certaine est toujours vivant, plein de vie même, J'ai eu l'immense bonheur de lui parler en tête à tête. Je lui ai dit "tiens bon petit, on est tous avec toi, on va t'aider"... Il a tourné vers moi ses grands yeux noirs et il a souri, du plus beau sourire du monde. Et moi, j'ai pleuré.
Pas de morale pour cette histoire : que chacun y mette la sienne...
MF mars 2007
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